TURGOT ou l’avènement du libéralisme

L’histoire se répète, ou devrai-je dire … Elle est toujours la même (en cours).

Les «Lumières » et/ou cette infamie nommée “Liberté” (… censée diriger nos vies = avoir raison de nous ; notre peau ou du moins, de notre volonté).

P.117 – chapitre XV : Turgot ou l’avènement du libéralisme – La fin de l’ancien régime
… Alors que des siècles de protection royale avaient interdit tout enrichissement sur le pain du peuple, le nouveau décret imposait la loi du Marché ce qui, pratiquement, consistait à laisser filer les prix et à permettre aux marchands de se servir avant le peuple. Dès les premiers

frémissement sur les marchés (ces places des villes et des villages où la population venait s’approvisionner), le peuple alerta les autorités locales qui en référèrent au sommet. « Il n’y a pas lieu de tenir compte des murmures du peuple. Il faut qu’il comprenne, au contraire que son opposition, ses mouvements et ses violences ne serviront qu’à faire prendre les mesures les plus efficaces pour les contenir », répondit Turgot.

À Paris, au lendemain du décret, il avait fait vider sous les greniers, privant la capitale, à l’entrée des mauvais jours, du seul moyens de faire face à la disette, et de faire pression à la baisse en cas de hausse des prix. Ceux-ci bêtement, continuèrent de monter. Au printemps, le pain était deux fois plus cher que ce que les trois quarts du peuple pouvaient le payer. Et les greniers étaient vides. La faim apparut. Avec elle la colère. Sur les marchés, le peuple prétendait payer le même prix qu’avant. Un prix taxé, fixé et honnête. Un prix qui permettait à tout le monde de vivre.
Turgot avait pensé à tout, et notamment à la possibilité que le peuple ignorant s’oppose à tant de progrès. Pour le contenir, il inventa un nouveau concept : l’atelier de charité ; les travaux forcés pour les fainéants incapables de se payer leur pitance.
(…) Alerté (par le fait que la populace n’adhère pas ; note setp) Turgot fulmina contre l’insondable bêtise populaire, et le 20 avril, il écrivit : « je ne suis pas étonné, monsieur, du tumulte arrivé Dijon … ». Le roi ajouta de sa main : «  Autant je désire que mon peuple soit heureux, autant je suis fâché quand il se porte à des excès où il n’y a nulle trace de raison «  (… bien mal, lui a pris ; note setp). Condorcet, le plus proche collaborateur du ministre Turgot, était devenu enragé : «  Le peuple ne sera tranquille que quand il saura qu’on a puni quelques-uns de ces brigands ». Les autorités policières, habituées depuis toujours à assurer la protection du public contre les spéculateurs (ils envoyaient des inspecteurs vérifier les prix sur les marchés), n’y comprenaient rien.
(…) En temps normal, il n’y aurait pas eu de problèmes : le prix aurait été fixé à un prix raisonnable et respecté de tous. Mais là, comme faire respecter un loi qui disait que « le Marché » fixait le prix ?
(…) Turgot en fit embastiller un pendant sept semaines pour lui apprendre à contrarier le Marché. La tradition, et tout un arsenal juridique multiséculaire que Turgot venait d’abolir, voulait que le marché soit le lieu où se vendait le grain, priorité absolu étant donnée aux habitants. Seul le surplus, une fois la population servie, pouvait être exporté.
(…) Quand on demandait à Turgot, comment un ouvrir pourrait nourrir ses enfants si son salaire ne lui suffisait pas, il répondit que ces derniers n’avaient qu’à se nourrir eux-mêmes : Turgot fut le promoteur du travail des enfants.
Le même jour, le 1er mai 1775, il mobilisait l’armée pour la protection des convois de grains, et deux jours plus tard, il proclamait la loi martiale : quiconque s’opposerait aux « progrès » et/ou à la liberté des prix était désormais passible de la peine de mort.

Note setp : Les mêmes qui ont poussé la population à la révolte (une révolte “justifiée” = pour justifier = permettre, ce qui est aujourd’hui en cours ou la vie = “normal” de penser, de dire et de faire = … de ne pas dé-faire ), s’en sont servis pour avoir la tête de la personne qui leur a permis de donner concrètement corps à leur idéologie (… qui a aujourd’hui raison, du monde ; qui est aujourd’hui le monde).

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