L’arrière monde religieux des théories économiques

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« Lorsque le gouvernement de l’ancienne Egypte s’effondra, quatre pour cent de la population possédait toute la richesse.

» Lorsque la civilisation babylonienne bascula, trois pour cent de la population possédait toute la richesse.

« Lorsque l’ancienne Perse fut détruite, deux pour cent de la population possédait toute la richesse.

« Lorsque la Grèce antique tomba en ruines, la moitié d’un pour cent de la population possédait toute la richesse.

« Lorsque l’empire romain s’écroula deux mille personnes possédaient toute la richesse du monde civilisé.

« Puis suivit l’âge sombre d’où le monde ne sortit que lorsque les richesses ne furent plus aussi concentrées.

« Aujourd’hui, moins d’un pour cent de la population des Etats-Unis contrôle quatre-vingt dix pour cent de la richesse du pays.

“…C’est pourquoi, lorsqu’il quitte l’imaginaire biblique, Attali reprend pied dans la réalité de la spécialisation financière à laquelle les juifs se sont adonnés par goût, par talent ou par contrainte partout où leur nomadisme volontaire les avait conduits, puisqu’ils étaient les seuls, en Europe, à jouer le rôle de prêteurs « l’une des rares activités qui leur sont autorisées au milieu d’un océan d’interdictions professionnelles. » Mais, ajoute-t-il, c’était aussi « une obligation: souvent, une communauté n’est tolérée dans une ville que si elle accepte d’assurer ce service« …”

“…Derjavine recueillit des renseignements concernant la façon de vivre des juifs , leurs industries, leur façon d’abuser et toutes sortes de ruses et de subterfuges par lesquels ils réduisaient à la famine les pauvres et stupides villageois. » (Derjavine, Oeuvres en 9 volumes , Saint Petersbourg. 1864-1883, t.6, pp. 690-691, cité par Soljenitsyne, p. 51, trad. Fayard 2001)…”

“…Attali n’est pas à une contradiction près dans sa volonté d’éviter de regarder le réel historique et de se réfugier dans les fumées du mythe biblique…”

“…Tu ne prêteras pas à intérêt à ton frère, qu’il s’agisse d’un prêt d’argent ou de vivres, ou de quoi que ce soit dont on exige intérêt. À l’étranger tu pourras prêter à intérêt, mais tu prêteras sans intérêt à ton frère. » Pas de doute, il y a frère et frère! En l’espèce, les chrétiens ne sont pas des « frères« .
Nous arrivons au coeur du sujet. Il y a donc des règles pour les juifs et d’autres pour les non-juifs, et cela, d’ailleurs conformémement aux prescriptions des textes bibliques et des Talmud qu’Attali suit à la lettre…”

 

“… Le sang coule, il est abondant et il est bien rare qu’on ne dispose que d’une seule pièce de monnaie. « L’argent, substitut du sang: on asperge l’autel avec le sang (DaM) de l’animal sacrifié acheté avec l’argent (DaMim) de celui qui offre le sacrifice. » ( Attali, op.cit., p. 40)…
… La superposition du sang et de la monnaie en un même vocable interchangeable ouvre d’un seul mouvement la porte d’accès à la chambre des sacrificateurs et aux usuriers qui tentaient d’extorquer le plus d’argent possible aux pauvres pèlerins qui croyaient que le temple était une « maison de prière » et qui se retrouvaient dans une « caverne de brigands« …
…Lorsque le temple érigé par Hérode sera détruit, que cesseront les égorgements religieux de bestiaux et que les ruisseaux de sang tariront à Jérusalem, l’argent demeurera orphelin de son lien psychologique avec les sacrifices, c’est-à-dire avec le noyau dur de son rituel. Attali en est conscient : « Le peuple juif, écrit Attali, fait de la monnaie l’instrument unique et universel d’échange, tout comme il fait de son Dieu l’instrument unique et universel de la transcendance. » (p. 41) …
…« Les deux textes fondamentaux sont le Talmud de Jérusalem, au IVe siècle, et celui de Babylone, au VIe siècle [de notre ère], qui apportent d’énormes innovations, souvent très détaillées, sur l’organisation sociale. (…) Pratiquement tous les problèmes de l’économie moderne y sont traités, qu’il s’agisse de la publicité, de l’environnement, de la fiscalité directe et indirecte, du droit du travail, du droit de grève, de l’héritage, de la solidarité, etc. », affirme Attali dans son interview. …
… Affirmation présomptueuse et fausse. Attali attribue aux commerçants juifs la création de mécanismes financiers élaborés et d’un système économique complexe qui existaient dans l’empire assyrien deux millénaires avant notre ère, comme le révèlent des fouilles récentes en Anatolie, et cela à une époque où Jérusalem n’était même pas un village. Malgré les efforts titanesques de l’actuel Etat, qui creuse partout où il espère trouver une trace du passé mythique d’Israël pour tenter de donner une crédibilité historique aux récits bibliques et grâce aux travaux des archéologues Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman…
Il est plus que probable que lors de leur séjour forcé à Babylone au cinquième siècle avant notre ère, les Judéens ont eu connaissance des techniques financières complexes utilisées par les fonctionnaires des brillants empires mésopotamiens et qu’ils se les ont appropriées…
…Or, l’imagination romanesque d’un économiste aliéné par son mythe religieux présente de la horde qui était censée avoir fui la servitude en Egypte le tableau d’un Etat moderne, organisé et policé, bref, le frère jumeau des Etats européens actuels: « Les exigences de la guerre et de l’économie les y poussent. Il faut des impôts, un budget, de la monnaie, des règles de propriété. Dans une impressionnante éclosion de lois et de procédures s’expérimentent certaines des valeurs et certains des principes de l’économie de marché qui serviront de base aux lois de l’Occident pour les trois millénaires à venir » ! (Attali, p. 43) Les biblistes s’arracheraient les cheveux s’ils avaient le courage de lire de semblables sornettes…
…Les fouilles archéologiques sont cruelles car la vérité est cruelle: rien de la grandeur mythique d’Israël n’est confirmé. Il faudra donc finir par accepter qu’Abraham, Moïse, Josué, Samuel, les Juges sont des personnages mythiques…
…Dans sa Théorie des sentiments moraux, la « main invisible » est un instrument de régulation et de maîtrise des passions, donc le contraire même du laisser-aller moral aux vices et à la cupidité tel que le pratique aujourd’hui le capitalisme financier débridé que permet la dématérialisation de la finance actuelle. Le succès de cette expression religieuse s’explique par le confort psychologique et la bonne conscience qu’elle offre à des thuriféraires ignorants et absous d’avance de leurs propres turpitudes…”

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